VOC : Loic VIGO, l’ homme pressé…

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Depuis cet été, deux nouvelles figures président le Vannes OC. Mais qui sont ces deux hommes ? Aujourd’hui nous vous présentons Loïc VIGO. Passé par l’institution Bocuse et New-York, il aurait pu être cuistot. Il a choisi le milieu des affaires et le monde de la nuit. Son truc à lui, c’est de créer des boîtes et d’en vendre, au gré des occasions et des opportunités. Vous avez dit hyperactif ?

21 août 1968. Le Printemps de Prague s’achève tragiquement et la Tchécoslovaquie est envahie par les troupes du pacte de Varsovie. « J’ai toujours entendu dire que j’étais né quand les Russes sont entrés dans Prague. D’ailleurs, pour mes 50 ans, on m’a offert un bouquin sur le sujet », plaisante d’entrée de jeu, Loïc Vigo. Pendant que l’Histoire s’écrit à l’Est, lui pointe le bout de son nez à l’Ouest. À Lorient, Port-Louis puis Quimper. Un temps suffisant pour se rendre compte qu’il ne fera pas carrière dans le foot au poste de numéro 10. « J’étais un joueur médiocre.
Les formations que je supporte ? Vannes, Lorient et l’OM ». Un club par division, le compte est bon. Comme souvent avec cet homme d’affaires, passé roi dans la maîtrise du triptyque entrepreneurial : création/vente/rachat.
De Bocuse aux discothèques
Tombé dans la marmite étant petit, « avec trois générations de cuistot » derrière lui, le fondateur de la discothèque Villa Kirov, s’est d’abord tourné vers les fourneaux. Avec réussite : « Je voulais naviguer. Mais comme je ne savais pas recoudre un filet, il fallait que je fasse à manger. Du coup, j’ai commencé à cuisiner dans les bateaux. Après un apprentissage à Lyon et un boulot chez Bocuse, j’ai poursuivi à Écully puis sur la Côte d’Azur et à New-York. J’aimais bien ».
Pas assez cependant pour en faire son métier. Avec une maman qui préside alors la CCI du Morbihan et un papa haut placé à la tête de plusieurs établissements, le monde de l’entreprise lui ouvre ses portes. Avec succès. « Tout a commencé en 93, j’avais un petit café de nuit l’Alcatraz à Ecully. J’ai toujours aimé la nuit. Mon père me disait si tu veux arrêter de perdre de l’argent, monte ton affaire. Je suis un noctambule, j’adore la musique. Je ne danse pas, je ne bois pas mais j’ai toujours fréquenté ce milieu », confesse ce père de trois enfants, installé avec sa famille à Saint-Avé.
Je me reconnais qu’une seule qualité : je me suis toujours bien entouré.
Nommé à la direction des établissements de papa, Loïc Vigo fait rapidement florès : entre la revente de l’hôtel Mercure et de la brasserie Edgar au groupe Kerdonis en passant par la fondation de la Villa Kirov et la reprise de la Bodéguita… « Au final, j’ai créé quinze à vingt sociétés, et j’en ai vendues autant. Toute ma vie a été construite selon les circonstances. Je me reconnais qu’une seule qualité : je me suis toujours bien entouré, avec des collaborateurs de talent. Mon défaut ? Peut-être un peu hyperactif », confie-t-il, presque désolé.
« Je veux finir sur la mer »
Heureusement pour lui, son agenda est bien chargé. Conseiller prud’homal, membre du Medef, co-président du VOC, le fils Vigo n’a pas le temps de s’ennuyer. « Parfois, cela se fait au détriment de ma famille. Mais les entreprises, ça va, ça vient. Tant que les enseignes durent c’est le plus important. Les sentiments, ils sont pour ma femme et mes enfants », prévient-il, pragmatique.
Personnalité publique, l’un des deux nouveaux boss du foot local l’affirme : « J’aime bien que l’on me foute la paix ». Plus facile à dire qu’à faire, surtout lorsque l’intéressé doit se lever quatre fois de son siège en l’espace de 45 minutes d’entretien pour serrer des paluches aux passants. Le repos et la tranquillité attendront… « Je veux finir sur la mer. Je rêve de reprendre un vieux bateau de pêche et de partir faire l’exploration du grand Nord ». Taïga, toundra et autres glaces de l’arctique, vous êtes prévenus, Vigo voguant sur l’eau, c’est déjà dans les tuyaux. Reste à trouver une date. Le 21 août 20..

La valse entrepreneuriale…
Jusque-là propriétaire de trois établissements de nuits à Vannes, Loïc Vigo ne sera bientôt plus présent qu’à la tête de la Villa Kirov qu’il a lui-même créée en 2002. « Pour ce qui est du Café Saint-Germain, il a été vendu le mois dernier. Quant au Chicago Music Hall voisin, il va être vendu également d’ici peu. À côté de ça, j’ai repris le bistrot Saint-Petrus à Lorient, ville dans laquelle je vais prendre deux autres affaires prochainement. Toujours dans le milieu de la restauration-bar ».

« @télégramme du 5/11/2018 »

Auteur de l’article : Michel QUENDO